A Paris, une offre d’emploi déconseillée « aux juifs »

Une annonce d’emploi diffusée à Paris sous–entendait que les candidats juifs n’étaient pas les mieux indiqués pour le poste proposé. SOS Racisme a porté plainte, et l’entreprise incriminée tente depuis de se dédouaner de cette incroyable bévue.

Dans leurs annonces d’emploi, les entreprises fixent très souvent une série de critères auxquels doivent répondre les candidats souhaitant postuler. Les mêmes termes, recouvrant des notions vagues et évidentes, reviennent très régulièrement.  « Motivation », « autonomie », « dynamisme », « organisation », « rigueur » sont les qualités les plus souvent exigées et tout un chacun croit s’y reconnaître.

Lundi, une société parisienne spécialisée dans le graphisme, n’a pas dérogé à cette routine fondamentale, mais a incroyablement dérapé en incluant dans ses vœux, cette mention : « si possible, non juif(ve) ». Ce message, qui a échappé à la vigilance d’un jobboard spécialisé dans les arts graphiques, est resté en ligne quelques heures, le temps que des internautes indignés montent au créneau et signalent l’anomalie aux administrateurs du site.

Plainte de SOS Racisme

L’annonce a aussitôt été supprimée, mais son auteur n’était, on s’en doute, pas au bout de ses peines. Il s’agit de NSL Studio, une société installée dans le 19ème arrondissement de Paris et qui cherche à recruter un infographiste. Sa direction a appris ce matin que l’association SOS Racisme avait saisi le parquet et engagé, à son encontre, des poursuites pour discrimination et antisémitisme.

Comment réagir ? Un employé de l’entreprise a été contacté par le journal Les Inrocks. Il n’a pas démenti le contenu de cette annonce, mais assuré que sa formulation, certes plus que maladroite, n’avait pas de visée discriminatoire : «On a mis ça par rapport aux horaires, on est un studio qui ne compte pas ses heures et qui travaille parfois dans des moments de rush. Donc on voulait quelqu’un qui ne tienne pas compte de ces soucis culturels ou religieux » a expliqué le témoin, sapant du même coup la thèse du « piratage » invoquée, quelques minutes plus tôt, par ses supérieurs dans un tweet rédigé comme suit : « Bonjour, il s’agit d’un hack de notre annonce, nous ne posterions jamais ce genre de message discriminatoire, merci de faire tourner l’info ».

Finalement, le patron de la boîte a souhaité rectifié le tir apporter un démenti officiel dans les colonnes des Inrocks, soutenant que cette annonce n’a « pas été discutée et n’a rien à voir avec une histoire d’horaires ». Dans un communiqué officiel, NSL Studio affirme « se désolidariser totalement de tous actes ou écrits racistes / antisémites », ajoutant qu’elle est « une agence intègre qui ne fait pas de discrimination » et met, « quels que soit les profils recherchés, toujours en avant la passion et la créativité des futurs collègues. La preuve peut être apportée par les collègues de toutes origines ayant travaillés ou travaillant avec nous ». Elle informe enfin que « la personne en charge de l’annonce va être entendue, une enquête diligentée et des dispositions nécessaires prises s’il s’avère que cela provient bien de chez nous ».

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