Ségolène Royal met Nutella en boule

En appelant au boycott de Nutella, la ministre Ségolène Royal s’est attiré les foudres d’une partie de la classe politique italienne, unie derrière sa marque nationale Ferreiro, conceptrice de la fameuse pâte à tartiner.

Difficile de tenir sa langue au Petit Journal. Invitée des trublions de Canal +, la ministre Ségolène Royal s’est imprudemment répandu sur le Nutella, invitant les français « à arrêter d’en manger » sous prétexte que le produit contient de l’huile de palme, une substance jugée nocive par certains milieux médicaux. Les organisations environnementales dénoncent, elles, la déforestation engendrée par la culture extensive de cette substance végétale en Amérique du Sud et en Asie.

Les « Mille (et une) excuses » de Royal

Dans sa petite diatribe anti-Nutella, Ségolène Royal s’en est tenue à des considérations purement écologiques et évoqué les « dégâts considérables » provoqués par la production d’huile de palme sur la planète, conseillant à Ferreiro de trouver « une autre matière première ». Soutenue par le ministre transalpin de l’environnement Gian Luca Galetti, également par Michele Andalzi membre de la Commission Agriculture au sein du parti démocrate au pouvoir, la marque agroalimentaire italienne n’a pas tardé à réagir, soutenant que l’ingrédient utilisé dans sa pâte chocolatée « respecte le développement durable », y compris pour les produits qu’elle fabrique dans son usine française, à Villers-Ecalles, en Haute-Normandie.

En pétard, le député Anzaldi avait parlé d’un « grave et vilain et dérapage de la France sur l’excellence italienne », un couac qui méritait, à ses yeux, des excuses de la part de la ministre Ségolène Royal, qualifiée de « déconcertante » par le ministre Luca Galleti, lequel ajoutait sec: « laissez les produits italiens tranquilles ». Deux jours plus tard, l’épouse du président du Conseil Matteo Renzi s’était fendu, sous l’œil des caméras, d’une crêpe au Nutella lors de sa visite à l’expo universelle de Milan. Clin d’œil à peine dissimulée à la n°3 du gouvernement français.

Pour éteindre la polémique et s’éviter les affres d’un incident diplomatique, consciente que des centaines d’emplois sont en jeu en France, Ségolène Royal a ravalé sa langue, sans pour autant rétropédaler : « Mille excuses pour la polémique sur le #Nutella. D’accord pour mettre en valeur les progrès » a-t-elle écrit le 17 juin sur son compte Twitter.

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